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Les mails aussi, ça pollue…

Les mails aussi, ça pollue… Posted on octobre 15, 2018Leave a comment

254.

Au fait, vous êtes allergique aux chiffres ?

Si tel est le cas, passez votre chemin. Il va y avoir un nombre incalculable de chiffres dans ce billet…

254, donc.

C’est le nombre de mails que j’ai reçus sur l’une de mes boîtes de réception (personnelle) la semaine dernière.

Bon, rien d’exceptionnel. Une semaine comme les autres dans la vie d’un humain comme les autres.

Au travail, en tant que salarié, j’envoie entre 10 et 20 mails par jour, et j’en reçois 30 environ. C’est assez peu ; certains de mes collègues en reçoivent plutôt 60 ou 70, et en écrivent beaucoup plus.

Si je cumule toutes mes boites de réception, professionnelles et personnelles, je reçois en moyenne 800 mails par semaine, et j’en envoie environ 200.

Je ne distingue pas les mails spams, les pubs, les mails réellement intéressants, les messages automatiques (commandes), les newsletters, les mails que j’archive, ceux que je garde, ceux que je supprime aussi sec…

Mais voilà : ma consommation de mails, reçus et envoyés, avoisine donc 1000 mails par semaine.

Je suis loin d’être un gros “consommateur de mails”, certains en usent bien davantage.

Peu importe, ce n’est pas une compétition. Heureusement…

1000 mails / semaine, soit 52 000 par an. Quand même !

On y pense pas souvent, mais ces mails, tout numériques qu’ils soient, ces mails recquierent des ressources serveur, de l’électricité, de la technique, en bref, ces mails polluent.

Au moment où j’écris ces lignes, je ne sais pas si cette activité e-mail a une forte empreinte carbone. Je me doute que je vais avoir des surprises.

J’ai décidé de mener l’enquête. Commençons par calculer, même approximativement, la pollution générée par les e-mails.

19 grammes de CO2 par mail ?

Il y a des études assez anciennes sur le sujet – notamment celle de 2008 missionnée par l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie.

Selon les calculs, un mail d’environ 1 mo a une empreinte carbone équivalente à 19 grammes.

Alors, soyons francs : des mails de 1 mo, j’en reçois assez peu.

Par contre, il m’arrive d’envoyer et de recevoir des pièces jointes bien plus lourdes (jusqu’à 7/8 mo, voire plus si le client mail le permet). Ces mails là auront donc une empreinte carbone bien plus élevée que les 19 grammes annoncés !

Sans compter que j’envoie parfois un même mail à 5, 6 destinataires… Voire plus !

Le poids de 1 mo avancé par l’ADEME donc, ne me paraît pas si insensé que cela.

Cependant, je vais considérer qu’en moyenne, les mails reçus/envoyés ne pèsent “que” 600 ko. Soit un peu plus de 11 grammes de CO2 par mail.

Un petit produit en croix plus tard, et l’on apprend donc mes 52 000 mails génèrent potentiellement 572 000 grammes de CO2.

572 kg de CO2.

Pour comparaison, un Lille – Marseille en voiture diesel (petite taille, consommation moyenne 5L aux 100) génère 130 kg de CO2 selon le calculateur goodplanet.org !

572 kg de CO2, soit 2 allers-retours Lille – Marseille.

572 kg : ça paraît énorme. 4 000 kms en voiture diesel…

Oui, c’est bien une forte empreinte carbone pour de simples mails !

Qu’en est-il des mails dormants ?

En parcourant mes boîtes mails, pour les besoins de cet article, je tombe sur une vieille boîte mail que j’utilisais surtout pour mes études, puis qui est devenu mon adresse spam.

Vous savez, cette adresse que vous utilisez pour vous inscrire sur un site pas forcément très intéressant, pour débloquer un ebook, pour créer un compte quelquconque…

Ou encore, dans un magasin banal, quand on vous demande une adresse e-mail pour créer votre carte de fidélité.

Moi, je donnais cette adresse-là. Une adresse “bullshit”.

Je n’ai pas réussi à avoir le chiffre exact, mais cette adresse e-mail a reçu, au fil des ans, plusieurs centaines de milliers de mails en tout genre.

Beaucoup ont été supprimé, d’autres archivés, et un nombre incalculable n’ont jamais été ouverts ou supprimés.

J’ai cherché à savoir ce que pouvait peser ces mails inutiles, inactifs mais bien présents.

Et là, plouf. Un grand vide. Sidéral.

Pas d’info, pas d’idée, personne qui semble s’y intéresser.

Je citais l’enquête de l’ADEME plus haut : cette enquête est vieille de 10 ans ! Les usages digitaux ont pourtant bien évolué depuis…

Il y a un manque total de communication à ce sujet.

On parle énormément de tri, d’énergies renouvelables, des transports en commun.

Mais les mails, nom d’un chien ?!

Pourquoi ça pollue ?

La réponse est simple : ces mails sont stockés sur des data-centers.

Data-centers qui consomment de l’énergie pour fonctionner.

Plus le mail est lourd, plus il consomme d’énergie…

Donc s’il reste 5, 10, 15 ans au fond de votre boîte mail, un mail quelconque prend aussi de la place pendant cette période sur le data-center. Un vieux mail dormant a donc forcément une empreinte carbone.

Imaginez maintenant que chacun laisse traîner ne serait-ce que 10% de ces mails… Les chiffres s’affolent ! Les grammes de CO2 s’accumulent…

Selon Arobase.org, en 2017, ce sont 270 milliards de mails qui ont été échangés à l’échelle planétaire.

Les chiffres varient beaucoup d’un article à l’autre, mais les e-mails représentent entre 3 à 6% des émissions de gaz à effet de serre.

Nous ne parlons pas du web en général, mais SEULEMENT des mails !

Or, il paraît… qu’il n’a jamais été aussi urgent d’agir pour la planète.

Qu’on va tous mourir – ce qui est loin d’être faux.

Blague à part, même lorsque l’on est conscient de notre situation écologique actuelle, et même lorsque l’on n’y prête un peu d’importance, il n’est pas sifacile d’agir.

Parfois même, on a le sentiment que d’aller dans la rue pour manifester face à des politiques qui prônent la croissance et le capitalisme… hé bien c’est un peu peine perdue (et parfois, je crois qu’on a pas tort).

Par contre, on peut dès aujourd’hui réguler ces pratiques. Même avec les mails !

Oui, c’est là que l’article devient bien pensant.

Allez : qu’est-ce qu’on fait ?

Se désinscrire de ces 1001 newsletters inutiles, éviter la profusion de petits mails inutiles, prendre son temps avant d’envoyer des mails et ne plus consulter sa boîte mail toutes les 5 minutes réduiront considérablement votre empreinte carbone.

Vous allez aussi gagner du temps, à la longue. Et ne plus être coupé toutes les 10 minutes dans vos réflexions ou travaux.

Pour ma part, j’ai réduit ma consommation de mails de 20 à 30% ces derniers jours. Et je prends l’habitude de supprimer les mails traités. Pas de les archiver, sauf importance particulière.

J’ai pris aussi le coup de ne répondre aux mails qu’à certaines périodes de la journée.

Je reçois un mail à un instant T, je le lis, et je n’y réponds pas immédiatemment, sauf urgence.

Je prends le temps de réfléchir, je continue à travailler et je ne répondrai que quelques heures plus tard, ou le lendemain.

Histoire de ne pas multiplier les mails inutilement ou de faire passer des infos inutiles ou peu précises, qui nécessiteront de nouveau mail.

J’évite maintenant un maximum les pièces jointes peu utiles et les grandes images lourdes, à la fois polluantes et… longues à charger.

Je ne peux pas réellement calculer ce que cela représente en terme de CO2 non généré, mais, une nouvelle fois, ce n’est pas une compétition.

Je sais que c’est ainsi que je réduis ma propre empreinte carbone.

C’est beau hein ? Oui, mais ce n’est pas si simple, vous allez me dire…

Car cela sera tout de même difficile de faire face, surtout au boulot.

Si chacun change ses usages, pourquoi pas. Si vous êtes seul(e) à prôner la diminution des e-mails, cela s’avérera compliqué. Vous en recevrez toujours autant, tout en refusant de trop en envoyer… ?!

Une fois de plus, on se retrouve sur un constat assez déroutant : pour parvenir à diminuer sensiblement notre pollution individuelle, nous avons besoin d’un changement collectif.

Même pour de simples petits mails…

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